INTERVIEW MANUELA LINDLBAUER : Il faut voir plus grand

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L‘experte RH et entrepreneure Manuela Lindlbauer rejoint depuis le 10 mars l‘émission « 2 Minuten, 2 Millionen » sur PULS 4 et JOYN comme nouvelle investisseuse. Dans une interview avec la CCFA, elle explique pourquoi elle continue d‘investir malgré l‘incertitude économique et comment elle évalue l‘Autriche comme site économique.

– Manuela Lindlbauer dans “2 Minuten 2 Millionen”: mardi, 20:15h sur PULS 4 –

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CCFA : Mme Lindlbauer, vous avez déjà beaucoup de succès en tant qu’entrepreneuse – qu’est-ce qui vous a personnellement motivée à devenir également investisseuse ?
Manuela Lindlbauer : Au cours des 25 dernières années, j’ai vécu énormément de choses en tant qu’entrepreneuse – et j’ai aussi commis des erreurs. Je me souviens bien d’une phase où j’ai trop hésité à prendre une décision claire ; cela m’a coûté du temps, de l’énergie et, en fin de compte, de l’argent. De telles expériences vous marquent. Aujourd’hui, ce qui m’attire, c’est de transmettre ce savoir et d’aider de jeunes entrepreneurs à y voir clair plus rapidement et à prendre de meilleures décisions.

CCFA : Qu’est-ce qui vous plaît particulièrement dans votre rôle pour l’émission “2 Minuten 2 Millionen” ?
M.L. : La possibilité de rencontrer autant d’entrepreneurs passionnants en très peu de temps – avec des idées et des personnalités totalement différentes. C’est inspirant, mais c’est aussi un cadre très authentique : on remarque vite qui a vraiment réfléchi à son projet et qui ne l’a pas encore fait.

CCFA : Beaucoup agissent actuellement avec prudence, les budgets sont réduits, on préfère épargner plutôt que dépenser – et vous, vous investissez. Est-ce une contradiction ou une stratégie délibérée ?
M.L. : C’est clairement une stratégie délibérée. La prudence actuelle a aussi un côté positif : beaucoup de gens reviennent « sur terre », le marché est moins en surchauffe et les valorisations deviennent plus réalistes. C’est précisément ce qui crée de meilleures bases de décision. Dans de telles phases, la substance  se distingue du “hype” – et c’est exactement là que naissent les investissements les plus intéressants.

CCFA : Qu’est-ce qui vous pousse personnellement à vous engager comme investisseuse en plus de votre propre entreprise ?
M.L. : J’ai moi-même souvent constaté à quel point les bonnes impulsions au bon moment sont cruciales. Aujourd’hui, je considère qu’il est de ma responsabilité entrepreneuriale d’assumer ce rôle – pas seulement pour apporter du capital, mais aussi de la clarté, de la structure et, parfois, une honnêteté inconfortable.

CCFA : Investissez-vous plutôt dans des idées ou dans des personnes ?
M.L. : Très clairement dans les personnes. On peut faire évoluer une idée ou même la changer complètement – mais la personnalité du fondateur et son état d’esprit ne se modifient pas aussi facilement. C’est pourquoi j’observe de très près comment quelqu’un réfléchit, décide et gère les défis.

CCFA : Quel type de fondateurs vous attire intuitivement ?
M.L. : Des personnes faisant preuve de clarté et d’autonomie. Des fondateurs qui n’attendent pas que les conditions soient parfaites, mais qui passent à l’action et sont prêts à prendre leurs responsabilités.

CCFA : Quelle a été, jusqu’à présent, votre leçon entrepreneuriale la plus importante ?
M.L. : Qu’il faut savoir prendre des décisions, même si l’on ne dispose pas de toutes les informations. L’hésitation coûte généralement plus cher qu’une mauvaise décision.

CCFA : Qu’est-ce qui différencie les créations d’entreprises réussies de celles qui le sont moins ?
M.L. : La concentration et la détermination. Les fondateurs qui réussissent prennent des décisions, définissent des priorités claires et persévèrent – même quand cela devient inconfortable.

CCFA : L’Autriche est-elle un pays favorable aux créateurs d’entreprise ou plutôt difficile ?M.L. : Les deux. Nous avons des personnes bien formées et un cadre stable. En même temps, la bureaucratie et une certaine aversion au risque nous freinent. Cela ne rend pas les choses impossibles, mais inutilement complexes.

CCFA : Comment voyez-vous actuellement l’Autriche en tant que place économique ?
M.L. : Solide, mais sous pression. Nous perdons en dynamisme. Si nous voulons rester compétitifs au niveau international, nous avons besoin de plus de rapidité, d’une plus grande volonté d’innovation et de moins de barrières administratives.

CCFA : L’Autriche a-t-elle le potentiel pour générer davantage de succès internationaux ?
M.L. : Absolument. Mais nous devons voir plus grand, croître plus rapidement et agir de manière plus internationale. Le potentiel est là – c’est la mise en œuvre qui doit suivre.

CCFA : Si vous pouviez changer immédiatement une seule chose en Autriche, laquelle serait-ce ?
M.L. : La bureaucratie. Moins de complexité libérerait immédiatement plus de dynamisme entrepreneurial, et je repenserais peut-être l’une ou l’autre prestation sociale.

CCFA : Que souhaitez-vous pour la prochaine génération d’entrepreneurs et quel conseil leur donneriez-vous ?
M.L. : Plus de courage et moins de recherche de sécurité. Mon conseil : commencez, apprenez, ajustez. L’entrepreneuriat naît de l’action – pas de l’attente du moment parfait. Et il faut être prêt à faire l’effort supplémentaire (“the extra mile”). C’est précisément là que se construit le succès à long terme

©PULS 4/Gerry Frank

 

 

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Manuela Lindlbauer – Gründerin der Lindlpower Group, entrepreneuse & investisseuse

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